De la colonisation à l'indépendanceL'histoire de Cuba depuis la colonisation espagnole au XVème siècle jusqu'aux guerres d'indépendances.
La colonisation espagnole
Pensant arrivé en Asie, Christophe Colomb découvre Cuba le 27 octobre 1492 : « la plus belle terre qu’homme ait jamais contemplée », écrit-il. Ce n’est qu’en 1508 que Sebastián de Ocampo fait le tour complet de l’île. L’île était alors peuplée d’Amérindiens qui vivaient de culture et de pêche (les Guanajatabeys, les Siboney et les Taínos). Elle ne le restera pas. En 1510 Diego Velázquez de Cuellar, au nom de la couronne d’Espagne, entreprend l’annexion, puis la colonisation de l’île. L’extermination de la population indigène fut massive, si bien qu’il fallu très vite faire venir des esclaves d’Afrique pour assurer la main d’œuvre.
Pauvre en mine d’or, Cuba devint l’escale stratégique et la plaque tournante du commerce du Nouveau Monde, et La Havane devint le port le plus fréquenté des Amériques. Ce pourquoi, elle fut très vite la cible favorite des corsaires et pirates. En 1555, le français Jacques de Sores mit la ville à sac et l’incendia. Les Espagnols entreprirent par la suite la construction d’un impressionnant système de fortification. Il faudra attendre 1697, pour que le Traité de Ryswyk mette fin à cette « guerre des corsaires » qui convoitaient La Havane.
Une économie esclavagiste
Du milieu du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle, Cuba renouvelle sa population sur la base d'une économie esclavagiste. A la fin du XVIIe siècle Cuba devient le premier producteur mondial de sucre de canne. En 1762, lors de la guerre de Sept Ans, les Anglais occupent La Havane durant dix mois, le temps d’instaurer la liberté du commerce, contre le monopole commercial espagnol. Ceci stimula l’économie de l’île. Les exportations passent de 612 000 pesos en 1763 à 11 millions en 1790.
A la fin de la révolution haïtienne de 1792, des milliers de colons français affluent à Cuba, et y développent avec succès la culture du café. La guerre d’indépendance haïtienne favorisa plus encore le commerce cubain. En 1837, Cuba inaugure sa première ligne de chemin de fer qui reliait les ingenios (manufacture sucrière) au port de La Havane, alors même que l’Espagne n’en possédait pas encore. Le besoin d’esclaves étant proportionnel au développement économique, près de 800 000 esclaves furent importés à Cuba, entre 1762 et 1886, date de l’abolition officielle de l’esclavage. Cuba est la dernière des colonies d’Amérique à abolir l’esclavage.
La résistance des esclaves commença dès le début du XVIIe siècle, de nombreux cimarrones, s’échappèrent des plantations pour fonder dans les sierras sauvages des communautés autonomes ou palenques. De leur côté les planteurs de tabac se soulèvèrent à trois reprises contre l'autorité coloniale en 1717, 1721 et 1723. Les réprimandes furent sanglantes. Après le traité de 1817 passé avec l'Angleterre qui proclame l'arrêt du commerce des esclaves, la traite négrière se réfugie dans la clandestinité. La crainte d'une insurrection d'esclaves, à l’instar de celle de Saint-Domingue, oblige certains propriétaires terriens tels que Félix Varela en 1823, Francisco de Arango y Parreño en 1828 et José A. Saco à évoquer timidement la suppression de la contrebande. Ils s’inquiètent, en effet, de l'augmentation des esclaves qui deviennent plus nombreux que les Blancs (en 1841, on recense 436 495 Nègres esclaves et 152 838 gens de couleur libres face aux 418 291 Blancs).
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Cuba était encore une colonie politique de l’Espagne, mais elle était déjà une colonie économique des Etats-Unis. Ce pourquoi elle subit la crise économique de 1860, que connaissait l’Angleterre et les Etats-Unis, de nombreux ouvriers agricoles se retrouvèrent sans emploi.
Les guerres d’indépendances
Carlos Manuel de Céspedes (1818-1874) est souvent considéré comme le père de la patrie cubaine. Le 10 octobre 1968, il libère les esclaves de sa plantation de la Demajagua et commande une insurrection contre les autorités coloniales. C’est le début de la guerre de Dix Ans (1869-1878), et des fameuses attaques à la machette des mambises. Elle prendra fin en 1878 avec le pacte de Zanjón, signant la capitulation des insurgés. Un an plus tard ceux-ci reprenait les armes, ce fut la Guerra Chica ou petite guerre d’indépendance.
En, 1892, l’intellectuel José Marti fonde la Parti Révolutionnaire Cubain et fédère les éxilés de 1878, dont les généraux Antonio Maceo et Máximo Gómes. Ils reprennent la lutte le 24 fevrier 1895. C’est la seconde guerre hispano-cubaine (1895-1898). Marti et Maceo tombèrent au combat. Les insurgés se dotèrent d’une Constitution et d’un gouvernement, en 1895, puis en 1897. L’armée espagnole comptait 200 000 hommes. La population cubaine étant alors de 1 800 00 habitants, il y avait donc 1 soldat pour 6 habitants ! Nulle répression coloniale ne fut aussi forte, et rares furent les résistances aussi héroïques, car les indépendantistes réussirent à prendre le contrôle.
C’est alors que les Etats-Unis, opportunistes, prétextant l’explosion d’un croiseur américain, déclarent la guerre à l’Espagne, le 15 février 1898, et la remporte. Ils en sortiront vainqueur. Les Cubains ne furent pas conviés, ni à la signature de l’Armistice (le 16 juillet 1898), ni au traité de Paris (le 10 décembre 1898) qui mettait fin à la domination coloniale espagnole en Amérique. L'importance des investissements français dans la guerre, explique le rôle de médiateur que joua Paris. C’est à cette date que Cuba passe de la domination de Madrid à l’influence de Washington.
Zone : Caraibes
Capitale : La Havane
Superficie : 110861 km²
Population : 11184023
Latitude : 21.6
Longitude : -78.82
Fuseau Horaire : UTC -5
Devise : Peso cubain
Langue(s) : Espagnol
